Prévention et Contrôle des Maladies / Maladies Transmissibles / Maladie de Chagas

Consultation de l’OPS sur la maladie de Chagas congénitale, son épidémiologie et son contrôle

(Montevideo, Uruguay, 24–25 juin 2004,
en collaboration avec le Centre latino-américain de périnatalogie et développement humain / CLAP)
T. infestans

Rapport complet (texte à droit plus le programme et la liste de participants; 8 pp, PDF, 349 KB)

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madre e hijo

- Institut de recherche pour le développement (IRD)
- Université Libre de Bruxelles (ULB), Recherche

Objectifs: Consulter des chercheurs, cliniciens et responsables de programmes de contrôle de la maladie de Chagas congénitale, afin de :

  • effectuer un diagnostic de la situation et une mise à jour de son contrôle;
  • développer les grandes lignes d'un guide de contrôle;
  • établir une projection du risque et de l'impact de la maladie dans la Région; et
  • générer des normes pour compléter les actions de manière régulière et fiable dans les pays.

Participants: Un groupe choisi de chercheurs, cliniciens et responsables de programmes de contrôle de la maladie de Chagas congénitale de la Région des Amériques, surtout de la sous-région du Cône Sud, avec la participation de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), Belgique.

Recommandations: Le Groupe de Consultation considère et recommande ce qui suit :

  1. Il est crucial d'améliorer les actions d'intervention et de contrôle de l'infection congénitale par Trypanosoma cruzi, étant donné son importance pour la santé des enfants et dans l'épidémiologie de la parasitose.
  2. Etant donné la période historique actuellement en cours concernant le contrôle de la maladie de Chagas dans toute la Région des Amériques, le Groupe insiste aussi sur la nécessité de consolider les acquis positifs et d'augmenter les efforts pour le contrôle de la transmission vectorielle et transfusionnelle de T. cruzi.
  3. Le Groupe souligne que, dans les régions où le contrôle de la transmission vectorielle et transfusionnelle de T. cruzi est réalisé, ou bien avancé, la transmission congénitale constitue la forme principale de persistance de la parasitose dans les populations humaines.
  4. Le Groupe considère que le document "Congenital infection with T. cruzi: from mechanisms of transmission to strategies for diagnosis and control" (Rev. Soc. Bras. Med. Trop., 2003, 36 (6): 767-771), résultant du Colloque International de Cochabamba, Bolivia (6–8 novembre 2002), reflète les orientations et les lignes fondamentales sur lesquelles doivent être basés le criblage, le diagnostic, le traitement et le suivi complet et correct des cas individuels de maladie de Chagas congénitale, considérée comme problème de santé publique.
  5. Le Groupe recommande que les données de base sur la maladie de Chagas congénitale soient intégrées dans le Système Informatique Périnatale du CLAP/OPS. La problématique de cette parasitose doit également être incluse dans les actions de coopération technique du secteur materno-infantil que conduit ce Centre dans la Région des Amériques.
  6. Le Groupe insiste sur la nécessité d'une meilleure coordination des actions et des interventions du secteur materno-infantile, afin que les activités de criblage, de diagnostic, de traitement et de suivi de la maladie de Chagas congénitale soient réalisées simultanément aux plans de vaccination et/ou de contrôles cliniques de chaque pays, afin d'obtenir une efficacité et un soutien plus grand à ces opérations.
  7. Afin que les pays puissent compléter leurs programmes d'action de manière adéquate, réaliste et efficace, le Groupe propose le schéma de base suivant pour les procédures de triage et de diagnostic :
    • recherche sérologique systématique chez la mère lors du premier contrôle pendant la grossesse, ou lors de son admission pour l'accouchement;
    • pour les enfants dont la mère a une sérologie chagasique positive :
      1. recherche parasitologique néonatale directe; et
      2. recherche sérologique conventionnelle, à réaliser entre les 9e et 12e mois de vie.

    Dans les communautés à forte transmission vectorielle, où l'incidence d'infection aiguë pendant la grossesse est relevante, la possibilité de rechercher systématiquement l'infection par T. cruzi chez tous les nouveaux-nés doit être considérée.

    Dans les pays où la fréquence des accouchements à domicile est élevée, la prise en charge des nouveaux-nés devra se faire au moment du premier contact avec le système de Santé.

  8. En ce qui concerne le traitement, le Groupe considère comme crucial :
    • que les pays allouent des ressources pour l'acquisition des médicaments spécifiques (nifurtimox et benznidazole) et recommandent un système d'achat géré avec la coopération de l'OPS; et
    • de disposer de présentations pédiatriques de ces médicaments. Il appelle les gouvernements, ONG, organismes internationaux et l'industrie à réaliser les actions correspondantes.
  9. En ce qui concerne la santé familiale, le Groupe recommande :
    • d'étendre l'étude à tous les enfants nés d'une mère dont la sérologie est positive; et
    • de veiller à suivre médicalement la mère infectée.
  10. Le Groupe réaffirme la nécessité de développer des programmes de contrôle de la maladie de Chagas congénitale dans l'entièreté du pays (zones endémiques et non endémiques). En effet, les réalités démographiques et migratoires font que la transmission congénitale dépasse les limites des zones de transmission vectorielle actuelles ou passées.
  11. Le Groupe considère comme fondamental que les plans et les opérations à développer pour le criblage, le diagnostic, le traitement et le suivi de la maladie de Chagas congénitale soient incorporés dans le système national de santé, à tous ses niveaux de complexité, en les intégrant dans les soins de santé primaires (SSP).
  12. Le Groupe considère comme nécessaire de compléter de manière permanente la formation des ressources humaines pour la bonne exécution des actions recommandées.
  13. Le Groupe invite les pays à intégrer dans leur système légal ou leurs normes de santé, l'obligation du criblage, du diagnostic, du traitement et du suivi de la maladie de Chagas congénitale.
  14. Le Groupe considère de la plus haute importance la coopération technique entre l'OPS/OMS, la Coopération Belge et l'Institut français de recherche pour le développement (IRD), afin de soutenir l'organisation, le développement, la recherche scientifique, et la formation de ressources humaines, en vue de fortifier les actions de contrôle de la maladie de Chagas congénitale dans la Région des Amériques.